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Chronique ovine du Sud-Est : Réussir ses luttes

La bonne réussite des luttes est le premier facteur jouant sur la productivité du troupeau. Pour de bons résultats, il est important de bien préparer ses brebis et ses béliers.

Préparer ses brebis

–        Des brebis en état corporel suffisant et en bonne santé

Plusieurs études, réalisées à Carmejane, au CIIRPO et en élevages, montrent que la note d’état corporel en début de lutte a un impact important sur le taux de fertilité. Plus les brebis sont maigres moins bons sont les résultats de fertilité. En brebis de race rustique, l’objectif est d’avoir des brebis avec une NEC de 2,5 ou plus (sur une échelle de 0 à 5, de très maigre à très grasse) en début de lutte et une reprise d’état pendant la lutte pour les brebis les plus maigres.

–        Un flushing pour booster l’ovulation

Pour bien préparer les brebis à la lutte et pour stimuler l’ovulation, il est conseillé de réaliser un flushing. Cette pratique consiste à suralimenter les brebis en énergie de 20 % par rapport à leurs besoins. En bergerie, cela consiste à utiliser un fourrage de meilleure qualité (regain) ou a augmenter de 200g la ration en céréales.

–        Les agnelles mises en lutte à part

Une attention particulière doit être porté aux agnelles si l’on souhaite assurer un bon taux de fertilité pour cette catégorie d’animaux. Des essais réalisés à Carmejane et au domaine du Merle ont démontré que, pour maximiser la fertilité, les agnelles doivent peser, en début de lutte, au moins les 2/3 de leur poids adulte, soit 47 kg pour des adultes de 70kg ou 40kg pour des adultes de 60kg.

 

Préparer ses béliers

–        Des béliers en bon état et en bonne santé

Tout comme les brebis, il est indispensable que les béliers soient en bon état corporel en début de lutte. L’objectif est de mettre en lutte des béliers avec des notes d’état corporel (NEC) de 3 au minimum, d’autant que, du fait de leur activité, ils maigriront au cours de la lutte.

Leur bon état de santé est capital à la mise en lutte, mais aussi pendant les 2 mois qui précèdent. Toute maladie ou blessure entraînant une réponse immunitaire chez l’animal viendra perturber la spermatogénèse et entraîner une infertilité passagère. De plus, un bélier blessé et boiteux ne sera pas efficace durant la période de reproduction (absence d’effet mâle et/ou de saillie).

–        Des béliers en nombre suffisant

Suivant la saison ou la catégorie de femelles, agnelle ou brebis, le nombre minimum de bélier varie. Les ratios conseillés sont de 1 béliers pour 40 à 50 brebis en lutte d’automne, et de 1 bélier pour 20 à 25 femelles en lutte de printemps ou sur des agnelles.

Un effet bélier pour grouper ses agnelages

Au printemps, une part importante des brebis est en anœstrus. Le premier contact avec des béliers déclenchera les ovulations pour ces brebis, mais elles n’exprimeront des chaleurs qu’au cycle suivant. En plaçant directement des béliers entiers dans un lot de femelles, les 17 premiers jours ils ne sailliront donc que les brebis qui sont déjà cyclées (de seulement 30 à plus de 60% des brebis suivant les troupeaux et les années). On conseille alors de laisser les béliers entiers pendant 3 cycles de 17 jours avec les brebis, les agnelages s’étaleront donc sur une cinquantaine de jours. Pour réduire cette durée, il est possible d’introduire des béliers vasectomisés pendant les 14 premiers jours. Ils seront ensuite remplacés par des béliers entiers qu’on laissera pendant 34 jours.

 

Auteur Pierre Guillaume Grisot – IDELE et Rémi Leconte – MRE

Coordinateur des chroniques ovines : Rémi Leconte – MRE

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