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La Chronique Ovine du Sud-Est : La Toxémie de gestation

C’est une maladie métabolique des petits ruminants en fin de gestation qui se caractérise par une incapacité de la future mère à fournir les besoins en énergie et en glucose aux fœtus.

Elle peut survenir chez des animaux maigres et sous-alimentés mais aussi chez des animaux trop gras dont le foie fonctionne mal. Les gestations multiples (doublés ou triplés) sont les plus à risque.

Dans notre région, la période la plus critique est la fin d’hiver en bergerie avec des fourrages grossiers ou carencés.

Le mécanisme de cette pathologie est lié d’une part aux besoins croissants des fœtus dans le dernier mois de gestation qui vont solliciter exagérément les réserves de la mère et d’autre part à la capacité d’ingestion qui diminue du fait du développement de l’utérus qui laisse de moins en moins de place au remplissage de la panse.

Pour compenser ce phénomène, la brebis va mobiliser ses graisses qui vont être transformées en corps cétoniques et en acides gras en grande quantité. Ces métabolites vont s’accumuler dans l’organisme et vont saturer le foie en entraînant une fatigue croissante.

Les symptômes se manifestent alors par une baisse de l’appétit, un amaigrissement rapide et des difficultés à se déplacer, sans fièvre. Puis l’état s’aggrave avec l’apparition de troubles nerveux et une impossibilité à se relever. L’évolution est mortelle si la mise-bas n’intervient pas rapidement.

Prévenir plutôt que guérir !

Le traitement tardif est souvent décevant, il fait appel à un apport de glucose hypertonique en perfusion associé à des précurseurs du glucose (propylène -glycol) par voie orale, auquel on peut rajouter du calcium et des soutiens de la fonction hépatique (sorbitol et acides aminés).

Il vaut mieux axer ses efforts sur la prévention en surveillant l’état corporel (objectif NEC 3 à l’agnelage) des multipares (l’échographie précoce avec dénombrement est alors très utile pour grouper les brebis en lots homogènes…) dans le mois précédent les mises-bas et en complémentant les futures mères suffisamment tôt pour compenser la perte de capacité d’ingestion. La qualité du foin doit aussi être évaluée pour éviter les erreurs d’appréciation dans le rationnement hivernal. Dans le cas des brebis trop grasses, la vigilance doit porter sur une bonne transition alimentaire, notamment pour les troupeaux passant d’un pâturage riche à une ration de fourrage en intérieur.

Auteurs : Eric Belleau – Vétérinaire conseil GDS 04

Coordinateur des chroniques ovines : Rémi Leconte – MRE

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