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La Chronique Ovine du Sud-Est : Des agnelles de reproduction bien élevées

Les agnelles sont l’avenir du troupeau. Bien élever ses agnelles, c’est préparer leur carrière de futures productrices d’agneaux et de lait.

En fonction de l’âge à la première mise en lutte, l’enjeu est de trouver les meilleurs compromis qui répondent aux trois objectifs suivants : développer la panse, assurer les résultats de reproduction et de production laitière à venir. Le tri des agnelles dès le sevrage et la stratégie alimentaire mise en œuvre jusqu’à la mise à la reproduction, doit leur permettre d’exprimer à l’âge adulte tout le potentiel inscrit dans leurs gênes.

La constitution d’un lot, à part des agneaux de boucherie, dès le sevrage reste un élément clé de la réussite. Les critères de choix sont les suivants :

  • Poids et aspect physique (aplombs, etc.),
  • Valeur laitière, prolificité, etc.

Le poids plancher est de 25 kg pour un sevrage à 70/80 j. En effet, le poids des agnelles à la première mise à la reproduction reste l’un des principaux facteurs de variation de la fertilité. L’objectif est d’avoir des agnelles pesant au moins deux tiers du poids adulte à la mise en lutte, soit 43 kg pour des brebis adultes de 65 kg ou 40 kg pour des adultes de 60 kg. Pour les agnelles n’atteignant pas ce poids plancher, le taux de fertilité est en effet inférieur de 33 %.

Développer la mamelle et la panse

À partir de l’âge de deux mois, la phase de différenciation mammaire est engagée. Il est essentiel de maintenir un niveau de croissance modéré et de les rationner en concentrés le plus tôt possible après le sevrage. Des niveaux de croissance trop élevés jusqu’à la puberté, c’est-à-dire supérieurs à 170 g par jour, entraînent une diminution du potentiel laitier. Le tissu adipeux se dépose en effet dans la mamelle au détriment du tissu excréteur et cette évolution est irréversible. Les agnelles grasses avant la puberté resteront de mauvaises productrices de lait.

Enfin il est indispensable de favoriser un bon développement de la panse dès le sevrage pour préparer les agnelles à devenir des ruminants capables de consommer des quantités importantes de fourrages. De plus, pour des animaux pastoraux, il est indispensable de les confronter le plus tôt possible, avec des animaux expérimentés, aux ressources qu’elles auront à valoriser au cours de leur carrière (colline, estive). Ce qui n’est pas acquis durant la première année ne se rattrape pas !

Soigner la première mise en lutte

Lors la première mise à la reproduction, et ce quels que soient son âge et son type génétique, l’agnelle de renouvellement présente des particularités qui influencent directement le taux de fertilité. La durée de la pleine saison sexuelle est courte. Contrairement aux brebis, les agnelles de moins d’un an et demi répondent très mal à l’effet mâle. Les taux de fertilité sur lutte de printemps sont ainsi irréguliers et en général faibles. Il est donc conseillé d’avancer ou de reculer la période de lutte pour ces animaux. Enfin une agnelle en chaleurs fuit le mâle contrairement à une brebis adulte. C’est la raison pour laquelle il est déconseillé de mélanger les agnelles avec des adultes en lutte. Le taux de fertilité des agnelles est pénalisé d’au moins 20 % lorsque les 2 catégories sont mélangées. Les séparer et les mettre en lutte avec des béliers adultes, expérimentés, est indispensable pour obtenir des résultats de fertilité corrects sur les agnelles. D’autre part, le ratio préconisé est d’un mâle (expérimenté) pour 25 agnelles.

Auteurs : Pierre Guillaume Grisot – IDELE

Coordinateur des chroniques ovines : Rémi Leconte – MRE

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