Accueil>La Chronique Ovine du Sud Est : La Colibacillose des agneaux

La Chronique Ovine du Sud Est : La Colibacillose des agneaux

C’est une maladie contagieuse fréquente et responsable de la plupart des pertes en agneaux proches de l’agnelage. Elle est due à une bactérie Escherichia coli, omniprésente dans les bergeries et elle prend des formes différentes selon la souche bactérienne en cause et l’âge des agneaux atteints.

Symptômes :

Dans les 48 premières heures, elle se traduit par une septicémie foudroyante accompagnée d’une déshydratation intense mortelle en quelques heures. On peut rencontrer cette forme en cas d’hygiène insuffisante lors de l’agnelage mais aussi parfois dans des bâtiments neufs si une souche de colibacille fortement pathogène s’y installe précocement.

Entre 1 et 3 jours, on rencontre plutôt des agneaux « baveurs » à la mâchoire froide et humide faisant suite à une absence ou une insuffisance de prise de colostrum dans les premières heures de vie. C’est la colibacillose la plus « classique ». L’état général des malades s’aggrave très vite du fait de l’hypothermie et de l’hypoglycémie.  Cette forme est parfois accompagnée de diarrhée, mais l’agneau meurt souvent avant la survenue de ce symptôme.

Un peu plus tard, apparaissent les agneaux « mous » à ventre de grenouille correspondant à des troubles de la digestion (blocage de la caillette). L’indigestion après la tétée entraîne un déséquilibre de la flore intestinale avec une prolifération de colibacilles qui libèrent des entérotoxines paralysantes empêchant l’agneau de se tenir debout et mettant rapidement sa vie en péril.

Enfin à partir de 10 jours, la colibacillose se manifeste plus souvent par des diarrhées de couleur jaune avec de la déshydratation. Jusqu’à présent rare en PACA, cette forme, très courante chez les jeunes veaux, est à surveiller du fait de la multiplication des introductions de bovins dans les élevages ovins de notre région.

Traitement

A part pour les septicémies, imparables car trop intenses, le traitement de la colibacillose doit être très précoce et fait appel à des antibiotiques administrés par voie orale associés ou non à de la vitamine B1 et à des réhydratants. Ce traitement doit être mis en place en concertation avec votre vétérinaire traitant.

Pour les agneaux mous, la mise à la diète est indispensable.

Dans les cas graves et épidémiques, une analyse bactériologique et un antibiogramme sont nécessaires pour permettre l’utilisation d’antibiotiques critiques.

Prevention :

Comme beaucoup de pathologies du jeune, l’accent doit être mis sur la prévention. Celle-ci passe par une maitrise du microbisme en case d’agnelage, par une prise précoce d’un colostrum de bonne qualité en quantité suffisante (idéalement dans les 6 premières heures de vie) et par un transfert efficace des anticorps colostraux au niveau intestinal.

La vaccination des brebis (avec un vaccin bovin) et leur supplémentation en vitamine E, en sélénium et en autres oligoéléments dans le mois précédant les mise-bas peut améliorer de façon significative la qualité de ce colostrum dans les élevages à problème.

L’administration de colostrum naturel ou de synthèse à la sonde souple sur les agneaux faibles à la naissance peut aussi donner de bons résultats (photo).

Auteur : Eric Belleau – Vétérinaire conseil GDS04

Coordinateur des chroniques ovines : Rémi Leconte – MRE

Partager cet article sur : Twitter Facebook